« Dans le domaine économique, nos champions nationaux sont passés entre les mailles du filet vertueux. Ils n’ont pas été choisis par le système scolaire classique qui leur promettait un avenir radieux. Ils bâtissent le pays et sont pourtant dans l’angle mort de notre république » Dr El Hadji Abdourahmane DIOUF

Quand nous parlons employabilité des jeunes, il faut arrêter de penser au salariat puisque nous comptons 95% de la population active du Sénégal dans le secteur informel. Ce qu’il faudrait ce n’est pas une solution classique, mais nous devons inventer une solution nouvelle. Lorsque vous avez un peuple créatif, il faut travailler à faire de sa jeunesse des entrepreneurs à la base.
Malheureusement toutes les politiques d’emploi mises en place par l’Etat sont destinées aux 5% du secteur formel.

Le travail entrepreneurial est de longue haleine, donc une structure comme la DER est déjà une aberration par l’appellation, Délégation à l’entrepreneuriat Rapide ? l’entrepreneuriat rapide n’existe nul part ! Pour régler le chômage en général et le chômage des jeunes en particulier il faut élaborer une stratégie structurelle et en finir avec les réactions ponctuelles hâtives et non réfléchies.

Ces dernières années il y’a un regain de citoyenneté et d’engagement politique de la part de la Diaspora parce qu’ils se rendent compte que le pays où il voudrait vivre dans leur rêve ne correspond pas à la réalité. Nous devons identifier un certain nombre de secteurs stratégiques où ce seront des champions nationaux qui détiendront les cordons de la bourse ( nous ne détenons pas les cordons de la bourse au niveau des banques, des assurances, pas au niveau de l’eau, pas au niveau des télécommunications, pas au niveau de l’agriculture, pas au niveau de l’énergie et pas du tout au niveau de l’industrie où nous sommes totalement inexistants).
Comment un pays peut-il assurer des emplois à sa jeunesse si ses nationaux ne détiennent pas ces secteurs plus que stratégiques ?

Il y’a quelques années, le Sénégal produisait 50 mille tonnes de coton et grâce à cette production nous avions 14 industries de textile. Par exemple, L’ICOTAF ( Industrie cotonnière africaine) comptait, à un moment, plus de 2000 employés. Des années plus tard, nous en sommes pratiquement à zéro industrie ! Nous ne produisons même pas les produits textiles que nous consommons. Comment a t-on pu passer d’un secteur industriel en germe qui nourrissait des milliers de famille à une industrie totalement inexistante ? Voila les questions que doivent se poser un gouvernement responsable.

Autres filières !
Dans la construction, nous avons trois sociétés de cimenterie au Sénégal et aucune n’appartient, en terme de capital, aux sénégalais. Ce sont les entreprises étrangères qui gagnent la plupart des marchés de construction, malgré l’existence de nationaux forts dans le secteur du BTP parce que l’Etat ne les privilégie en rien.
Avec tout le bois que possède le Sénégal, nous allons importer des cotons tiges, des cure-dents, des meubles. Donc voila un pays assis sur des ressources extrêmement importantes sans pouvoir en tirer profit.
Il y’a incontestablement un problème de vision et de pragmatisme, nous vivons suivant les bases d’une économie coloniale inventée pour les intérêts de la France et les gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance n’ont pas voulu changer de paradigmes pour des raisons que l’on ignore.

En réalité, c’est le triangle de la prospérité qui n’est pas fluide au Sénégal. Vous avez l’Etat, le secteur privé et le citoyen consommateur. Chacun flanche, mais la responsabilité incombe à l’Etat qui doit réguler et organiser. Tant que l’Etat verra le secteur privé d’un mauvais oeil, tant qu’il le considérera comme un concurrent et non comme un collaborateur, nous demeurerons dans la dépendance.

L’état doit comprendre que sa richesse dépend de la prospérité de son secteur privé. Le consommateur aussi a un rôle à jouer, car il doit préférer le made in Sénégal. Il doit préférer les produits fait par Massamba plutôt que ceux qui sont fait par Dupont,( sama bopp moma gueneul dou bagn nala ). A chaque fois qu’un sénégalais va faire ses courses ailleurs il enrichit un autre citoyen du monde ( français, marocains, turques, indiens ….) en s’appauvrissant.

« Nous n’avons jusqu’ici pas été en mesure de créer une chaîne de valeur agricole : la Production est déjà problématique ; le Transport est défaillant ; le Stockage est quasi nul ; l’industrie de transformation totalement inexistante et l’acheteur aléatoire. Pendant ce temps, où sont les investisseurs nationaux ? Qu’est-ce qui a été proposé par les chercheurs pour que la mangue et les légumes de la casamance, entre autres, ne pourrissent plus et que l’arachide ne soit plus une simple culture de rente ? La nouvelle manie des politiciens est d’énumérer les ressources naturelles de notre pays pour montrer que notre pays a le potentiel, mais quel est l’enjeu d’un tel pronostic ? A quoi sert l’or si on ne peut ni l’exploiter ni le transformer ? A quoi sert le Zircon si on ne sait même pas l’extraire ? Le pétrole ? …

La solution ce n’est pas la délation, c’est un changement de modèle économique qui passe par deux vecteurs : changer notre école (car tout développement qui ne passe pas par la science n’est que simple abondance conjoncturelle) et rompre avec le débat politicien (cette vieille et stérile rengaine sur la diabolisation de l’autre). L’indépendance est d’abord un projet de développement qui mobilise et forme des ressources humaines pour qu’elles valorisent les ressources naturelles ; qui promeut la culture pour faire de chacune de ses facettes un vecteur de développement. Quand on compare les productions de Nollywood à nos téléfilms on comprend les racines psychologiques de notre dépendance : eux montrent et valorisent leurs figures historiques et leur patrimoine culturel, là où nous faisons des films qui imitent les thèmes et séquences des télénovelas. »

Je pense que la transformation nécessaire à notre pays pour relever les défis qui sont siens, passera par notre PROJET commun (toute appartenance confondue) à la tête duquel nous proposons le Dr Abdourahmane Diouf.

Ramadan Mubarak à toute la communauté musulmane du Sénégal et de la Diaspora !

Massamba Dieng Sarr, membre fondateur du PROJET !

1 COMMENTAIRE

  1. Bonsoir
    Mes chers patriotes j’ai lu tous votre thèses de projet de développement j’apprécie la quintessence du projet ,je suis vraiment pour votre pensée et j’adore au projet
    NB il faut ajouter le volet foncier que notre état entraîne de donner de manière abusive ce qui devait constitué un levier d’économie pour la cheine agricole de la Casamance au nord du Sénégal en passant par le bassin arachidier ,le sine Saloum j’en passe
    Cordialement
    Arouna dieng
    Consultant immobilier
    772169313

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